SERGE RUAUD    
Pour ce que j’ai écris sur toi,
Pour ce que j’ai chanté de vous,
Pour ce que j’ai gardé en moi
Et puisque l’on est entre nous,
Pour toutes ces phrases qui grondent,
Pour ces jeux de maux qui font mal,
Pour ce que je pense du monde,
Pour tout ce qui n’est pas normal…

Planté là devant mon piano,
Je veux bien m’avouer coupable,
De n’être qu’un coureur de mots,
Un écrivain de coin de table,
Mais est-ce que mes plus grands confrères,
Brel, Brassens, Lemay ou Ferré
N’ont chanté que « Colas p’tit frère »
Pour que personne n’en soit fâché ?

Aux collectionneurs de cartouches
De ces fameux bâtons tout ronds
Que l’on aspire avec la bouche
Pour se goudronner les poumons…
A ces pauvres gens que je moque
En encombrements ou cercueils,
A ces corbillards de l’époque
Qui n’ont plus l’air d’être en deuil…
A ces Quinconces envahis,
Les soirs de Quatorze Juillet,
Par des généraux en folie
Qui se rejouent la Grande Armée…
A ces chasseurs bien habillés
Pour tout le reste de l’année,
A ces supermans entêtés
Qui s’explosent tous en fumée...

A tous ces personnages
Que j’invente ou reconstruit,
D’un souvenir, d’une image
Que j’ai volés sans faire de bruit,
En imitant Ségo la Madone,
La Sainte de nos élections,
Je n’étonnerai personne
En leur demandant pardon !

A ces gardiens de cours carrées
Et à ces boucleurs de garage,
A toutes ces clés égarées
Par tant de maris de passage…
A nos femmes abandonnées
Qui évacuent les quais de gare,
Aux éternelles éplorées
Qui aiment bien après le départ…
A ces Sœurs Anne condamnées
A ne jamais rien voir du tout,
Et à ces chanteurs engagés
Qui savent bien placer vos sous…
A ces infâmes d’intérieur
Qui tyrannisent la baraque,
Et s’organisent aussi le cœur
Dans leur vie de Sainte-Maniaque…

Pour ce vertige de la rime
Qui métamorphose une idée,
Et mon absence d’estime
Quant aux opinions arrêtées,
En imitant Ségo la Madone,
La Sainte de nos élections,
Je n’étonnerai personne
En en demandant pardon !

A ces mâles si tant stressés
Par l’avenir des footballeurs
Et à leurs femmes exilées
Au plus loin du téléviseur…
Aux tristes enveloppes jaune,
Et à leurs photos d’intérieur,
Qui vous montrent mieux que personne
Un vieux tuyau, une tumeur…
A ces joyeux consommateurs
Qui se multiplient leurs envies,
Réduisant ainsi le bonheur
A hauteur du niveau de vie…
A ces presque veufs, ces grands-pères
Qui ont pris tant de décisions,
Et qui, butant sur la dernière,
Se lamentent et tournent en rond…

A tous mes cahiers saccagés
A tant de pages arrachées,
A tous ces crayons oubliés
A ces stylos vampirisés,
En imitant Ségo la Madone,
La Sainte de nos élections,
Je n’étonnerai personne
En leur demandant pardon !

A ces capitaines aux longs cours
Qui ne connaissent que ceux du brut
Et vous décorent le parcours
Bien avant de toucher au but…
A ces savants un peu foldingues
Qui inventent nos maladies,
Puis les laissent nous faire du gringue
Pour égayer nos fins de vie…
A la Ministre du temps d’avant,
De l’avant-bras matriculé,
Qui a fait qu’c’est plus obligé
D’être grands-parents dès trente ans…
A ces voitures que l’on pleure
Dès qu’un tantinet cabossées,
A tous ces tout petits malheurs
Qui ne valent même pas d’y penser…
A tous ces personnages
Que j’invente ou reconstruit…

Pour ce que j’ai écris sur toi,
Pour ce que j’ai chanté de vous,
Pour ce que j’ai gardé en moi
Et puisque l’on est entre nous,
Pour toutes ces phrases qui grondent,
Pour ces jeux de maux qui font mal,
Pour ce que je pense du monde,
Pour tout ce qui n’est pas normal…

Planté là devant mon piano,
Je veux bien m’avouer coupable,
De n’être qu’un coureur de mots,
Un écrivain de coin de table,
Mais est-ce que mes plus grands confrères,
Brel, Brassens, Lemay ou Ferré
N’ont chanté que « Colas p’tit frère »
Pour que personne n’en soit fâché ?
 
      Coupable - 2009 - 7'31"  
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